Entretien

Noa Nakaitaci « Moi, j’aurais bien enchaîné quelques matchs »

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Après 9 mois d’absence en raison d’une rupture des ligaments croisés du genou, l’ailier clermontois (15 sélections) a fait son retour à la compétition, samedi dernier lors de la réception des Ospreys. Une petite minute sur la pelouse du Michelin, pas plus, suffisant pour redonner le sourire à ce joueur pétri de talent qui n’attend qu’une chose retrouver le rythme et prendre du plaisir sur le terrain. Entretien…

Alors que son retour à la compétition était prévu fin novembre, sa dernière semaine de rééducation a joué les prolongations avec un souci musculaire qui a fait perdre près de deux mois à celui qui en avait déjà plus qu’assez d’attendre. « Moralement ça a été très difficile, car je voyais enfin le bout du tunnel après la première longue blessure de la carrière. J’ai dû faire machine arrière et attendre encore… » Un mal pour un bien puisque Noa en a profité pour remuscler autour de son genou touché et consolider encore davantage les cartilages. Quelques semaines de soins plus tard et un peu de frustration supplémentaire emmagasinée, le sourire est revenu sur le visage du fidjien. « Déjà la semaine dernière, j’étais très heureux. Retrouver le groupe, les sensations d’avant-match, la boule au ventre et l’ambiance du Michelin, c’est quand même beaucoup mieux que de regarder le match des tribunes ! » De l’impatience, il en avait à revendre samedi dernier lors de son retour à la compétition et dès que les remplaçants ont quitté le banc pour partir s’échauffer, l’ailier clermontois est parti comme un balle en direction de l’en-but… sauf qu’il s’est trompé de côté et à mis quelques secondes avant de s’en apercevoir. Demi-tour contact et un sprint plus tard, il a rejoint ses coéquipiers comme si de rien était… Eux s’en sont à peine aperçus, lui se marre quand on lui rappelle l’anecdote qui témoigne si besoin était de l’impatience à retrouver la compétition. Noa n’a passé qu’une minute sur le terrain «  40-50 secondes » précise-t-il avant de rigoler de plus belle. « Je n’ai pas touché un ballon, ni plaqué personne, mais j’étais tellement content de retrouver le terrain ! Dans le vestiaire je pouvais prendre mon maillot le remettre sur la pile, prêt pour le prochain match, nickel tout propre ! ». Entre les blessés et les internationaux retenus avec le XV de France, le retour de Noa est providentiel, il donne surtout une nouvelle dynamique à une infirmerie qui commence à se vider plus vite qu’elle ne se remplie.

« Mon maillot était nickel, tout propre ! »

Alors que l’ensemble du groupe clermontois, très sollicité cet hiver, attend avec impatience la dizaine de jours de congés accordés par Franck Azéma avant la reprise à Lyon le 17 février prochain, Noa est presque déçu de voir les congés arriver… « Je le dis pas trop fort car la plupart des joueurs attendent cela avec impatience mais franchement, j’aurais bien aimé aligner quelques semaines d’entrainement et de match. Ça tombe mal. J’ai envie de retrouver au plus vite le rythme de la compétition et mon niveau, notamment au niveau des repères sur le terrain. Il ne me reste que quelques mois pour m’exprimer avec Clermont et j’ai vraiment à cœur de donner tout ce que je peux pour finir mes années clermontoises de la meilleure des façons possibles. » Avant de penser au printemps, Noa a le regard braqué sur les Montpelliérains qui se déplaceront au Michelin avec beaucoup d’ambitions. « Nous connaissons Vern, nous savons qu’il ne va pas considérer son retour au Michelin comme n’importe quel match de Top 14 et qu’il aimerait bien faire un coup. Il faudra que nous soyons costauds et appliqués pour l’empêcher de mener à bien ses plans. » Des plans qui tourneront probablement autour d’une ligne de trois-quarts surpuissante menée par les 135-140 kilos du colosse Nadolo. « Nous nous entrainons toute la semaine pour tenter de maîtriser nos adversaires, Nadolo, Nagusa, Stein, c’est vrai que ce sont des joueurs très puissants, alors on va dire que cette semaine nous avons fait un peu plus de plaquages à l’entrainement que d’habitude. » Le physique présente des avantages mais aussi des inconvénients et c’est dans cette brèche que les Clermontois tenteront de s’engouffrer pour poser des problèmes aux Héraultais comme l’espère Noa. « Notre ambition sera de faire bouger un maximum le MHR. Plus nous arriverons à déplacer cette grosse machine plus nous serons en mesure de déstructurer une défense bien en place. Pour cela, il faudra que nous soyons capables de conserver le ballon en étant très précis dans tout ce que nous entreprendrons. » L’ailier clermontois déborde d’impatience et après 9 mois de galère n’attend qu’une chose : regarder devant. « Cela fait 9 mois que je regarde les autres jouer. Dans la hiérarchie des ailiers à Clermont, je suis très loin et j’ai vraiment hâte de prendre du plaisir et de monter ce que je suis capable de faire sur le terrain. »

Les problèmes physiques désormais derrière lui, il faudra bien compter avec Noa pour cette fin de saison où son appétit semble débordant !